dimanche 12 avril 2026

La branche GILLOT

 

Quand les Franc-Comtois étaient espagnols

Dans l’histoire familiale, la branche GILLOT a, peut-être, eu, à un moment, la prétention de passer pour une branche noble du fait qu’un de ses plus éminents représentants avait eu l’honneur d’exercer la fonction de régisseur dans des grands domaines agricoles. C’est oublier que chacune des branches familiales possède ses petites particularités, ce qui fait leur intérêt. Et à ce titre, celle des Gillot n’est, évidemment, pas en reste. Son histoire commence justement à l’étranger. La famille est originaire de Franche-Comté, cette partie de la Bourgogne qui relève des Habsbourg depuis le Traité de Senlis signé en 1493. La Franche-Comté appartient à l’Espagne et en est même fière. L’administration espagnole accorde tant de libertés aux Comtois qu’ils vont défendre chèrement leur peau lorsque Louis XIV décidera de faire main basse sur leur territoire.

La ville de Gray en 1674

C’est précisément à cette époque que les GILLOT entrent dans notre histoire. Le premier d’entre eux s’appelle Jean GILLOT, cultivateur et tuilier domicilié à Tanay, époux de Jacquette LEBORNE dont le père, décédé en 1659, était lui-même originaire de Tanay. Le village appartient au baillage de Gray et se situe à la frontière avec le duché de Bourgogne. Jean et Jacquette se sont mariés en 1661. De cette union vont naître 7 enfants mais on ignore combien survivront effectivement, à l’exception de Jean, né à Bèze en 1669. La région vient alors de vivre des évènements dramatiques. Un an plus tôt, la ville de Gray a été prise par les troupes françaises du général de Montmorency-Luxembourg après des combats qui ont fait plusieurs centaines de mort. Cela fait plus de trente ans que le Royaume de France tente de s’approprier la Franche Comté. La guerre y a sévi au cours des années 1630, entraînant famines et épidémies mais après quelques années de répit, Louis XIV est reparti à l’offensive, profitant de la faiblesse des forces espagnoles. Or, alors que le roi de France commençait à crier victoire, voilà que le Traité d’Aix-la-Chapelle, signé en 1668, l’oblige à rendre la Franche Comté à l’Espagne. Les Franc-Comtois exultent mais Louis XIV sait que ce son heure viendra. Le 23 février 1674, l’armée française, forte de 10 000 hommes placés sous le commandement du duc de Navailles arrive devant Gray. Malgré ses remparts et la défense acharnée de ses habitants, la ville ne peut résister longtemps aux coups de boutoir des troupes françaises. Gray tombe en moins d’une semaine. Dans la foulée, les autres cités de Franche-Comté se rendent les unes après les autres. La Franche-Comté est intégrée au Royaume de France mais il faudra des années pour que les populations, à commencer par le monde paysan, acceptent cette annexion.


Gray et ses environs, berceau des GILLOT

Jean GILLOT, le fils, épouse en 1699, à 30 ans, Anne BRIOT, une femme du village de Beaumont-sur-Vingeanne, âgée, elle aussi de 30 ans. Le couple va assez vite aller habiter à Gray où Jean décède en 1714, à l’âge de 44 ans. Ils ont eu un fils, Claude Pierre GILLOT, né à Gray en 1709. Celui-ci se marie en 1730 à Arc-lès-Gray avec une jeune femme du village, Marguerite LEQUIN, de 4 ans son aînée, dont le père Etienne est tisserand. Le fait d’habiter en ville a éloigné Claude Pierre du métier de la terre. On le retrouve journalier mais aussi marchand. Il décède en 1757, à 47 ans. Marguerite, son épouse, meurt en revanche à l’âge de 80 ans après avoir donné naissance à 11 enfants. Comme bien souvent, le plupart sont décédés en bas âge. Ils ne sont qu’une garçon et une fille à atteindre l’âge adulte. Anne, l’aînée a vu le jour en 1730, l’année même de l’union de ses parents. Quant à Antoine GILLOT, il naît à Arc-lès-Gray en 1739. Du fait de son mariage avec Anne GRILLOT, il opère un retour au monde rural, devenant laboureur, comme son beau-père Pierre GRILLOT. La généalogie de la famille GRILLOT débute à la fin du XVIème siècle avec Huguenin CAILLET, un paysan d’Oyrières, à quelques lieues au nord de Gray, dont la fille Claudine CAILLET a épousé Claudius VITTENET, un laboureur du village voisin de Vars. Leur fille Barbe VITTENET épouse Jean BESANCENOT, un natif du même village dont on suppose qu’il est, lui aussi, laboureur. La petite fille, Jeanne Claude BESANCENOT,  épouse en 1734, Pierre GRILLOT, un laboureur du village d’Auvet. Le couple part habiter à Arc-lès-Gray. C’est là que la famille va se fixer durant plusieurs générations.

Le meunier venu d'Alsace

Antoine GILLOT et Anne GRILLOT auront 9 enfants parmi lesquels Hubert GILLOT qui, en plus d’être cultivateur est aussi voiturier, c’est-à-dire qu’il assure le transports des marchandises. C’est peut-être à l’occasion d’un de ses déplacements qu’il croise la route de Claude Françoise KORNPROBST, une jeune fille de Véreux qu’il épouse alors qu’elle a tout juste dix-neuf ans. Comme son nom l’indique, Claude Françoise n’est pas originaire de Franche-Comté. Son père, Jean KORNPROBST, fermier de son état, est alsacien. Il a dû s’installer près de Gray au cours de sa jeunesse, car son épouse, Anne-Marie MICHAUD est, elle, originaire de Montureux et Prantigny, tout près de Véreux. Jean KORNPROBST est, quant à lui, né à Hoffen, en Alsace du Nord. Son père Jean-Michel y exerçait le métier de meunier, tout comme son grand-père Johannes KORNPROBST, qui a abandonné à la fin du XVIIème siècle sa terre natale de Denkendorf, près de Stuttgart dans le Bade Wurtemberg. Il est arrivé dans la région d’Haguenau à un moment où Français et Allemands se disputaient encore ce territoire qui, bien qu’ayant appartenu à l’Empire Germanique durant des siècles, finira par être définitivement rattaché à la France en 1705.   

Cocher, un bon métier quand on a le goût des voyages

Hubert et Claude Françoise ont un fils, Jean GILLOT qui, à l’instar de son père deviendra cultivateur et voiturier. En 1816, il épouse Jeanne Claude PERRIN, sa cousine. Celle-ci est effectivement la petite fille d’Anne GILLOT et donc la petite nièce d’Antoine GILLOT, le grand-père de Jean, son mari. De cette union vont naître 7 enfants. Les 6 premiers ne quitteront jamais le confort relatif d’Arc-lès-Gray mais Jean-Baptiste GILLOT, le petite dernier de la fratrie, décide que sa vie est ailleurs. Pour ce faire, il a choisi d’être cocher. L’aventure peut, dès lors, commencer. Il choisit finalement de s’installer à Darvault près de Nemours. C’est là qu’il fait la connaissance d’une jeune femme de Bagneaux-sur-Loing, Virginie BOULAY qu’il épouse en 1862, à déjà 30 ans. 

Le canal du Loing à Bagneaux

La maison près du canal

Jean-Baptiste déménage pour aller s’installer dans la ville natale de sa nouvelle épouse dans une maison située entre le Loing et le canal. Il va y vivre de divers travaux mais aussi de ses rentes. De ce mariage naît l’année suivante un fils unique, Charles  GILLOT. Celui-ci va associer le goût de la mobilité de son père au métier de cultivateur de ses aïeux. En 1890, il épouse Elisabeth RICHARD, une jeune couturière dont la famille est installée depuis plusieurs générations à Chailly-en-Bière, village austère à la lisière de la Forêt de Fontainebleau dont le peintre Jean-François Millet, un temps dans la région, a représenté le clocher de l’église en arrière-plan de son célèbre tableau « L’Angélus ». A peine marié le jeune couple part s’installer dans le département de la Haute Saône, à la ferme de Montrichier sur la commune d’Apremont où Charles a obtenu un poste de régisseur. C’est pour lui l’occasion de se rapprocher de la terre ancestrale de la famille. Le 9 octobre 1891, Elisabeth y met au monde son premier enfant, une fille prénommée Jeanne Charlotte Désirée. Cette première aventure professionnelle ne va cependant pas durer longtemps car dès la fin de l’année, Charles prend avec son épouse la route de l’Aisne, jusqu’au nord de Guise où il a trouvé un nouveau poste de régisseur de cultures, certainement bien plus intéressant et rémunérateur que le précédent. Il s’agît d’un important domaine agricole situé à cheval sur les communes de Mennevret et Tupigny. 

Monsieur le régisseur

Charles GILLOT n’a pas eu de propriété en héritage mais il a de l’ambition, le sens de l’organisation, une bonne culture générale et il connaît la terre, étant, lui-même, issu de vieilles familles de laboureurs. Il a d’abord exercé dans une ferme de Haute Saône située dans le village d’Apremont mais cette première expérience n’a pas duré longtemps. Il a eu une meilleure opportunité en Picardie, dans une région particulièrement fertile. Méthodique, il sait diriger les journaliers et autres manouvriers qui assurent les travaux des champs. Il lui faut aussi gérer les écuries, les stocks, les greniers, les semences, les récoltes, les moissons, assurer l’entretien ou le remplacement du matériel, tenir à jour la comptabilité, payer les salaires, organiser les ventes et sortir les bilans. La tâche est complexe et exigeante mais Charles est brillant. Sur son lieu de travail, Il arbore fièrement costume trois pièces, cravate et chapeau, forçant le respect du personnel auquel il distribue quotidiennement les tâches de la journée. Lors de leur installation à Tupigny, Elisabeth, son épouse, a trouvé du travail comme ménagère mais elle a peu à peu renoncé à cet emploi d’appoint au fur et à mesure que s’élargit la famille.  

   Arrive l’année 1900 et avec elle l’espoir de vivre une vraie et belle révolution, notamment grâce à l’électricité et au moteur à explosion. A 37 ans, Charles est, à présent, père de cinq enfants, fort heureusement tous en bonne santé. Jeanne, l’aînée va avoir 10 ans, Julienne, sa cadette en a 9. Suivent Angèle, qui a 5 ans, Gilberte 3 et le petit Jean qui vient d’avoir deux ans. Ses fonctions lui donnent, certes, satisfaction mais le village ne convient pas vraiment à ce qu’il espérait pour sa progéniture. Charles s’était toujours efforcé de se hisser au-dessus de la ruralité traditionnelle dans l’espoir que ses enfants parviendraient à un statut professionnel enviable mais, à Tupigny, l’école semble n’être, pour les gens du village, rien de plus qu’une formalité avant de suivre l’exemple des parents, derrière la charrue ou armé d’une faux. Les rares familles bourgeoises du village placent leurs enfants à Guise, chez les sœurs mais il faut payer et avoir les moyens de les y emmener. La maison de Tupigny est devenue bien trop exigüe au fur et à mesure que grandissent les enfants. Il confie d’abord Jeanne, son aînée, à sa belle-mère Geneviève qui approche de la soixantaine. Celle-ci habite la ferme familiale de Faÿ aux côtés de son mari Jean-Baptiste Richard, un solide gaillard. Leur fils Henri travaille aussi à la ferme. Jeanne se plait dans cet environnement et Charles fait confiance aux parents de son épouse pour achever son apprentissage du métier de la terre.

La douleur de l'orphelinat

Le curé de Tupigny connait ses deux autres filles, Julienne et Angèle pour les avoir au catéchisme. Charles lui a demandé s’il y a un établissement dans ses moyens qui pourrait les accueillir. Il y a bien un orphelinat de filles dont il connait une des religieuses mais celui-ci n’accepte que des enfants qui ont perdu leurs parents. Il promet toutefois d’écrire à son amie pour lui demander si elle accepterait de faire exception pour les filles de Charles. Celui-ci est situé à Soissons. La réponse finit par arriver. L’orphelinat ne s’oppose pas à cette requête mais Soeur Victoire, la directrice, souhaite d’abord rencontrer le père et les enfants concernés. Charles envoie un télégramme à l’orphelinat pour le prévenir de sa venue. Il réserve les billets de train et part avec Julienne et Angèle de la gare de Guise pour l’orphelinat St Vincent de Paul à Soissons. Il n’y en a que pour deux heures de trajet avec un changement en gare de Laon. Soeur Victoire se montre particulièrement affable et ne reste pas insensible aux arguments de Charles GILLOT. Celui-ci insiste sur le caractère inadapté de son logement et sur son incapacité financière à assumer pour ses deux filles le coût d’un pensionnat de qualité, tout en soulignant l’excellente relation qu’il entretient avec le curé de Tupigny. Sœur Victoire reconnait qu’il lui faudra faire une entorse à l’esprit de son institution mais donne son accord. Elle s’entend avec Charles sur le montant de la pension et rendez-vous est donné la semaine suivante pour l’intégration des deux fillettes à l’orphelinat. 


Sœur Victoire ne se doute pas que les deux années que les deux fillettes vont passer au sein de son établissement seront aussi compliquées. Le fait que ces nouvelles pensionnaires aient toujours leurs parents est source de tensions, de jalousies et parfois de violences de la part des autres filles. Il faut bien souvent calmer des esprits échauffés, criant à la tricherie ou à la provocation. L’orphelinat est, par essence, réservé aux orphelines, à celles qui vivent tous les jours dans la douleur d’avoir perdu leurs chers parents. Les deux filles de Charles passent pour des privilégiées qui n’ont rien à faire à St Vincent de Paul. Soeur Victoire ne revient pas sur sa décision et se sent même dans l’obligation de protéger les deux jeunes filles face à l’agressivité affichée par certaines. Charles et son épouse Elisabeth viennent de temps en temps rendre visite à Julienne et Angèle mais s’arrangent pour le faire en toute discrétion afin d’éviter qu’elles ne subissent les méchancetés de certaines de leurs camarades.

Bienvenue à Mormant 

Au printemps de l’année 1909, Charles feuillette l’Agriculture Nouvelle, une revue professionnelle à laquelle il est abonné, lorsqu’il s’arrête sur une annonce. On recherche un régisseur des cultures dans une ferme de Mormant. Il consulte, d’ordinaire, la rubrique par curiosité mais, pour une fois, une offre d’emploi a l’avantage de concerner une région qui le rapprocherait de ses parents Jean-Baptiste et Virginie et de sa fille Jeanne qui vit chez le père d’Elisabeth, son épouse. Il se doute bien que celle-ci sera la plus heureuse de se rapprocher de sa famille. Elle a perdu sa mère deux ans plus tôt et n’a pu assister à son enterrement en raison de soucis passagers de santé. Au vu de ses états de service, la candidature de Charles est retenue sans grande hésitation. Il devient très vite le nouveau régisseur d’une des grandes fermes de Mormant. La maison mise à sa disposition offre, de plus, suffisamment d’espace pour y loger toute la famille. Pour une fois, la chance lui a souri car Mormant est au cœur de la Brie, la région la plus fertile d’Ile-de-France, à peu de distance de la capitale.


            Gilberte et Jean, les deux derniers de la fratrie, effectuent leur rentrée à l’école de Mormant dans la perspective du certificat d’études. Non sans un certain soulagement, Charles est allé récupérer Julienne et Angèle à l’orphelinat de Soissons et les a ramenées jusqu’à leur nouvelle demeure, visiblement satisfait que la famille soit désormais pratiquement au complet. A bientôt 18 ans, Julienne se montre déjà très à l’aise dans les livres de comptes et la tenue du courrier. Charles se félicite de pouvoir en faire sa secrétaire. Quant à Angèle, elle semble satisfaite de rester cantonnée dans les  tâches ménagères.

Une année vient de passer lorsque Charles se trouve, pour la première fois, directement confronté aux épreuves que réservent la vie. Cela fait bien longtemps qu’il a quitté la maison de ses parents mais voilà que Virginie sa mère vient de s’éteindre à l’âge de 75 ans. Il savait que cela arriverait un jour mais comment imaginer de quelle façon il vivrait cette épreuve, lui qui avait déserté le domicile familial depuis près de 20 ans. Fier et droit dans ses bottes, il pense assumer le décès de sa mère comme une des épreuves que la vie réserve d’ordinaire à chacun, sauf qu’il se trouve d’un coup confronté à une situation qu’il n’avait pas prévu. Lui, le roc contre lequel se fracassaient d’ordinaire les vagues, lui, le commandeur qui, depuis des années, donnait des ordres au nom de l’intérêt supérieur de l’institution qu’il servait, voilà qu’il se trouve totalement désemparé face au chagrin de son père. Il se rend soudain compte de ce que peut représenter la perte d’un être cher, d’autant plus qu’il s’agit de sa mère. Il découvre tout à coup ce que peut représenter l’attachement d’une personne à une autre, un lien de chair bien au-delà des sentiments. Il accueille Jean-Baptiste, son père, à Mormant. Celui-ci décède un an plus tard auprès de son fils et de ses petits-enfants.

Au cours de la guerre, Charles continue d’assurer son rôle de régisseur, souvent contraint de prêter main forte aux équipes par manque de main d’œuvre. Bien que parvenus à la majorité, ses enfants sont tous restés attachés à la maison familiale à l’exception de Jeanne qui, vit chez son grand-père, Jean-Baptiste RICHARD, veuf depuis quelques années, et de son cousin Henri qui habitent à Chailly-en-Bière.     

La famille GILLOT réside quelques années à Mormant. Gilberte s’y marie en 1919 avec Maurice BOUQUOT tandis qu’Angèle va faire la connaissance d’Eugène TONDU, un natif du village déjà trentenaire qui vient d’être libéré de l’armée après avoir passé plus de quatre ans sur le front et avoir été blessé au cours de la bataille de la Somme, à l’été 1918. Mariés en 1922, Angèle et Eugène restent habiter à Mormant où ils vont avoir deux enfants, une première fille qui meurt rapidement d’une maladie infantile puis un garçon, Bernard, né en 1927. Au cours des années 1920, Charles décide de quitter Mormant et de retourner vivre à Chailly-en-Bière où habite Henri RICHARD, le frère de son épouse Elisabeth, propriétaire d’une ferme dans le hameau de Faÿ où plusieurs familles parisiennes élisent résidence les week-ends ou durant les vacances. Il y achète une maison où il va aussi loger sa fille aînée Julienne et son fils Jean, dans l’attente de son prochain mariage. Charles GILLOT s’éteint en 1937 dans sa nouvelle maison familiale après avoir invité sa fille Angèle et son mari Eugène à vivre sous son toit. Son gendre a, en effet, perdu son travail à Mormant et doit, normalement en retrouvé un à Barbizon, un centre de villégiature de plus en plus prisé de la bourgeoisie huppée de la capitale. Elisabeth décèdera quatre ans plus tard.

Devant la maison de Faÿ en 1935
De gauche à droite: Charles GILLOT, l'enfant Bernard TONDU, Julienne GILLOT, Mère Victoire, Elisabeth GILLOT née RICHARD, Maurice BOUQUOT époux de Gilberte GILLOT

Quant à Bernard, cela fait déjà quelques années qu’il a élu domicile à Faÿ. Atteint d’une pneumonie en 1933 alors qu’il venait d’avoir 6 ans, il a du renoncer à l’école. Les mois ont passé mais sa guérison est lente. Très affaibli, il est transporté, suivant les recommandations du médecin à Faÿ, afin d’y respirer un air bénéfique. Il se remet progressivement de sa maladie mais seul, souvent livré à lui-même, voilà qu’on oublie purement et simplement de le scolariser. Faÿ est un hameau distant de quelques kilomètres de Chailly-en-Bière où se trouve l’école et comme il n’est pas du village, personne ne s’inquiète de quoique ce soit. Ce n’est qu’en 1936, lorsque ses parents Angèle et Eugène viennent habiter à Fay que l’on réalise que le petit Bernard n’est plus allé à l’école depuis 4 ans.

A la rentrée 1936, il retrouve enfin les bancs de l’école, faisant à pied, qu’il pleuve ou qu’il gèle, tôt le matin et chaque après-midi, le chemin qui relie Faÿ à Chailly. Cela ne l’empêche pas de rattraper en un temps record le retard accumulé et de finir, après quatre ans d’absence, cette première année scolaire avec un prix d’honneur et une couronne de lauriers d’or qu’il est fier d’arborer.     

   


 

 

 


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