dimanche 12 avril 2026

La branche TARABON

          La branche TARABON réserve son petit lot de surprises. Dans le monde paysan briard, tout semble pourtant bien immobile au fil des générations. On se marie d’ordinaire dans le village où l’on est né et où l’on mourra. Parmi ceux qui, les premiers, ont forgé l’arbre généalogique de cette branche, on y trouve d’abord les NAUDIER, laboureurs de père en fils depuis au moins le fin du XVIème siècle, solidement implantés à Aubepierre, à deux pas d’Ozouer-le-Repos. Laboureurs eux aussi de père en fils, figurent les BOURDET de Courpalay, les SOU de Grandpuits ou encore les LEPINE de La Croix-en-Brie.

Que de beaux métiers

En 1737, Etienne NAUDIER est le premier à déroger à la règle en épousant Marie-Jeanne LÉPRIVIER dont la famille, récemment installée à Mormant est arrivée de Cerneux, dans la Brie champenoise. Il est charretier et elle est charretière. Ils vont donc bien ensemble. La famille LÉPRIVIER n’a cependant pas les mêmes attaches à la terre que les NAUDIER. Pierre LÉPRIVIER, le père de Marie-Jeanne est maître charpentier, son grand-père Mathias était couvreur et son arrière-grand-père Nicolas tenait un hôtel à Sancy-lès-Provins. Etienne NAUDIER et son épouse auront, quant à eux huit enfants mais seuls deux vont survivre, une fille et un garçon, Philippe Henri NAUDIER. Cantonné dans un modeste rôle de manouvrier, il épouse, en 1791, Marie-Madeleine PERNEL dont il a un fils Jean-Pierre NAUDIER. Celui-deviendra garde-champêtre. En 1813, il épouse une jeune femme née à Mormant, Marie Madeleine PACHOT. Son père exerce à Mormant le métier de tisserand mais son grand-père, décédé, était originaire de la Marche, actuel département de la Creuse, plus précisément du village de Marsac. 

Originaire de Marsac dans le département de la Creuse, Pierre PACHOT est venu au cours des années 1760 s'installer à Mormant (Seine-et-Marne) exercer son métier de maçon à Mormant et y fonder une famille. 
Quand les maçons de la Creuse montent vers Paris

On ne sait à quelle date Pierre PACHOT a décidé, avec son épouse , de quitter la terre familiale pour se fixer dans la Brie mais le fait d’être maçon, un métier de très haute tradition dans la Creuse, rendait possible une mobilité au gré des opportunités de chantiers. C'est à Mormant qu'il épouse, vers 1750, Marie-Françoise DELAIGRE, une jeune femme dont la famille est installée dans le village depuis plusieurs générations. Leur fils Bonaventure PACHOT nait à Mormant en 1768 et va y travailler comme tisserand. Il épouse en 1789 Marie Madeleine LÉPINE qui donne naissance à une fille prénommée Marie-Madeleine Geneviève.  Celle-ci épouse Jean-Pierre NAUDIER, le garde-champêtre. De ce mariage vont naître deux garçons qui seront gardes, comme leur père, et trois filles, couturières. Celle qui nous intéresse est Annette Florence NAUDIER, née en 1825 à Mormant. C’est là qu’elle rencontre une jeune manouvrier de Tournan-en-Brie Pierre-Louis TARABON. Il ne s’agît pas d’un effet du hasard car le père Jean-Pierre NAUDIER, veuf depuis la mort de Marie Madeleine survenue en 1832 s’est remarié dans la foulée avec Marie-Jeanne TARABON qui n’est autre que la tante du jeune Pierre-Louis, un hasard qui fait bien les choses.

Saint André de Chalençon (Haute Loire)
Berceau de la famille TARABON

TARABON, un nom peu courant des confins de l'Auvergne

La famille TARABON est installée du côté de Tournan-en-Brie depuis près d’un siècle mais ses origines se situent loin de là, dans la province du Velay au nord du Puy. Les TARABON sont principalement représentés du côté de Saint André de Chalençon, un bourg fortifié jadis siège d’une importante châtellenie. Secteur rural par excellence, le monde paysan y est très largement représenté. Presque essentiellement vouée à la culture céréalière, principalement le seigle, la région a souffert, au début du XVIIIème siècle, de périodes de disette accrues par un surcroît démographique. Serait-ce la raison pour laquelle Pierre TARABON décide un jour de quitter ses cinq frères et sœurs et de partir vers le Nord ? On est en droit de le penser. Né en 1726, il a vraisemblablement pris la route après ses 20 ans, même s’il est évident qu’on en restera toujours au stade des hypothèses. On ne sait pas non plus où ni quand il a rencontré Marie Anne RICHARD, son épouse. Il est probable que ce soit après son arrivée à Tournan-en-Brie, là où va naître, en 1764, Pierre Joseph TARABON, le seul enfant qu’on lui connaisse. On ne sait pas non plus quel métier à effectivement exercé Pierre TARABON mais il ne semble pas qu’il se soit consacré au travail de la terre. Son fils Pierre Joseph est connu comme revendeur et même tailleur. Revendeur, peut-être marchand ambulant, il a été amené, au cours de sa vie, à se déplacer constamment pour la bonne marche de ses affaires. Que vendait-il ? Mystère. Son épouse Marie-Anne RÉGNIER était né à Voulangis, près de Crécy-la-Chapelle. Fixée semble-t-il à Tournan où naît le fils aîné Pierre Louis TARABON en 1786, la famille est allée vivre un moment à Villenoy, près de Meaux, ou est né, quatre ans plus tard, le cadet Pierre Victor.


Pierre Louis TARABON
épouse en 1810 Anne Catherine LEBLANC, une jeune journalière issue d’une modeste famille de Tournan. Le père a été manouvrier tandis que la mère, décédée deux ans plus tôt était domestique. Pierre Louis TARABON exerce, lui aussi, modestement le métier de manouvrier. De leur six enfants, seuls 2 filles et un garçon vont survivre. Le garçon n’est autre que Pierre Louis Victor TARABON qui a épousé à Mormant la jeune couturière Annette Florence NAUDIER en 1846. Celle-ci est semble-t-il veuve en premières noces d’un mariage contracté environ deux ans plus tôt avec un inconnu, peut-être un NAUDIER dont elle a eu une fille vraisemblablement morte peu après sa naissance. Pierre Louis Victor décède en 1860 à l’âge de 38 ans. Annette vivra jusqu’à 78 ans. Deux de leurs 3 filles atteignent l’âge adulte et se marient. Marie-Amélie TARABON, la cadette, épouse à 17 ans le jeune maçon Jules Alphonse TONDU. Le couple va s’installer à Mormant dans la demeure familiale des NAUDIER, non loin du grand-père Jean-Pierre NAUDIER, le garde-champêtre qui vient de fêter ses 72 ans.

 

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Les origines (VIIIème-XIIème siècles)

 De Simon de Montfort , nous continuons à remonter le temps. Le première branche nous conduit jusqu'à Charlemagne .