La branche TARABON réserve son petit lot de surprises. Dans le monde paysan briard, tout semble pourtant bien immobile au fil des générations. On se marie d’ordinaire dans le village où l’on est né et où l’on mourra. Parmi ceux qui, les premiers, ont forgé l’arbre généalogique de cette branche, on y trouve d’abord les NAUDIER, laboureurs de père en fils depuis au moins le fin du XVIème siècle, solidement implantés à Aubepierre, à deux pas d’Ozouer-le-Repos. Laboureurs eux aussi de père en fils, figurent les BOURDET de Courpalay, les SOU de Grandpuits ou encore les LEPINE de La Croix-en-Brie.
Que de beaux métiers
En 1737, Etienne NAUDIER est le premier à déroger à la règle en épousant Marie-Jeanne LÉPRIVIER dont la famille, récemment installée à Mormant est arrivée de Cerneux, dans la Brie champenoise. Il est charretier et elle est charretière. Ils vont donc bien ensemble. La famille LÉPRIVIER n’a cependant pas les mêmes attaches à la terre que les NAUDIER. Pierre LÉPRIVIER, le père de Marie-Jeanne est maître charpentier, son grand-père Mathias était couvreur et son arrière-grand-père Nicolas tenait un hôtel à Sancy-lès-Provins. Etienne NAUDIER et son épouse auront, quant à eux huit enfants mais seuls deux vont survivre, une fille et un garçon, Philippe Henri NAUDIER. Cantonné dans un modeste rôle de manouvrier, il épouse, en 1791, Marie-Madeleine PERNEL dont il a un fils Jean-Pierre NAUDIER. Celui-deviendra garde-champêtre. En 1813, il épouse une jeune femme née à Mormant, Marie Madeleine PACHOT. Son père exerce à Mormant le métier de tisserand mais son grand-père, décédé, était originaire de la Marche, actuel département de la Creuse, plus précisément du village de Marsac.
Quand les maçons de la Creuse montent vers Paris
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| Saint André de Chalençon (Haute Loire) Berceau de la famille TARABON |
TARABON, un nom peu courant des confins de l'Auvergne
La famille TARABON est
installée du côté de Tournan-en-Brie depuis près d’un siècle mais ses origines
se situent loin de là, dans la province du Velay au nord du Puy. Les TARABON
sont principalement représentés du côté de Saint André de Chalençon, un bourg fortifié
jadis siège d’une importante châtellenie. Secteur rural par excellence, le
monde paysan y est très largement représenté. Presque essentiellement vouée à
la culture céréalière, principalement le seigle, la région a souffert, au début
du XVIIIème siècle, de périodes de disette accrues par un surcroît
démographique. Serait-ce la raison pour laquelle Pierre TARABON décide
un jour de quitter ses cinq frères et sœurs et de partir vers le Nord ? On
est en droit de le penser. Né en 1726, il a vraisemblablement pris la route après
ses 20 ans, même s’il est évident qu’on en restera toujours au stade des
hypothèses. On ne sait pas non plus où ni quand il a rencontré Marie Anne
RICHARD, son épouse. Il est probable que ce soit après son arrivée à
Tournan-en-Brie, là où va naître, en 1764, Pierre Joseph TARABON, le
seul enfant qu’on lui connaisse. On ne sait pas non plus quel métier à
effectivement exercé Pierre TARABON mais il ne semble pas qu’il se soit
consacré au travail de la terre. Son fils Pierre Joseph est connu comme
revendeur et même tailleur. Revendeur, peut-être marchand ambulant, il a été
amené, au cours de sa vie, à se déplacer constamment pour la bonne marche de
ses affaires. Que vendait-il ? Mystère. Son épouse Marie-Anne RÉGNIER
était né à Voulangis, près de Crécy-la-Chapelle. Fixée semble-t-il à Tournan où
naît le fils aîné Pierre Louis TARABON en 1786, la famille est allée
vivre un moment à Villenoy, près de Meaux, ou est né, quatre ans plus tard, le
cadet Pierre Victor.
Pierre Louis TARABON épouse en 1810 Anne Catherine LEBLANC, une jeune journalière issue d’une modeste famille de Tournan. Le père a été manouvrier tandis que la mère, décédée deux ans plus tôt était domestique. Pierre Louis TARABON exerce, lui aussi, modestement le métier de manouvrier. De leur six enfants, seuls 2 filles et un garçon vont survivre. Le garçon n’est autre que Pierre Louis Victor TARABON qui a épousé à Mormant la jeune couturière Annette Florence NAUDIER en 1846. Celle-ci est semble-t-il veuve en premières noces d’un mariage contracté environ deux ans plus tôt avec un inconnu, peut-être un NAUDIER dont elle a eu une fille vraisemblablement morte peu après sa naissance. Pierre Louis Victor décède en 1860 à l’âge de 38 ans. Annette vivra jusqu’à 78 ans. Deux de leurs 3 filles atteignent l’âge adulte et se marient. Marie-Amélie TARABON, la cadette, épouse à 17 ans le jeune maçon Jules Alphonse TONDU. Le couple va s’installer à Mormant dans la demeure familiale des NAUDIER, non loin du grand-père Jean-Pierre NAUDIER, le garde-champêtre qui vient de fêter ses 72 ans.




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